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Le passage des 6-7 ans… (V)

Créé par le 11 fév 2011 | Dans : Non classé, Pedagogie

Je viens de me rendre compte que j’avais oublié de poster la traduction de ce texte, que je trouve lui aussi très intéressant pour éclairer la thématique du passage des 6-7 ans.

http://www.waldorflibrary.org/Journal_Articles/RB7105.pdf

Phases et transitions dans l’éducation Steiner

Harlan Gilbert

Pour les enseignants Waldorf, les parents et les élèves, la question se pose : pourquoi une période d’enseignement s’étendant sur huit ans ? La pédagogie Waldorf est basée sur une compréhension du développement de l’enfant en phases de sept ans. L’enseignant qui prend une classe pendant huit ans reste donc avec ses élèves plus d’une phase de développement.

Lorsque la première école Waldorf fut fondée en 1919, le modèle traditionnel d’enseignement européen était alors constitué d’une école primaire de huit ans, où l’enseignant restait avec le même groupe durant les huit années. Dans quelle mesure Steiner s’est inspiré de ce modèle est une question intéressante(petit1). Pour la majorité des enfants dans ces écoles, ces huit années constituaient leur unique scolarité ; ensuite, ils faisaient un travail manuel, commercial ou travaillaient sur l’exploitation agricole familiale. En Europe et en Amérique, cette situation a radicalement changée avec l’introduction de l’enseignement général universel jusqu’à l’âge de seize ans et un taux extrêmement élevé de la scolarisation jusqu’à l’âge de dix-huit ans.
Pour des raisons pratiques, structurelles et historiques, une réévaluation de la période d’enseignement semble en retard. Les questions doivent être posées à nouveau : comment une période d’enseignement peut être, naturellement et de manière appropriée, liée au développement de l’enfant ? Comment la dernière de ces huit années peut-elle être réajustée pour assurer une transition cohérente à l’école secondaire ? Afin de répondre à ces questions, nous devons gagner en clarté en ce qui concerne la relation actuelle entre les périodes d’enseignement et les phases de développement de l’enfant.

Les étapes du développement de l’enfant
Les phases de la vie sont souvent calculées à partir du moment de la naissance, mais il s’agit d’une simplification, car le développement du corps physique commence dès la conception. Ce fait est révélé dès la période pré-natale, quand la tête a déjà atteint une partie importante de sa taille finale et les organes des sens et du système nerveux sont déjà assez matures. Si une différence de neuf mois peut ne pas apparaître particulièrement importante pour les phases ultérieures de la vie, elle doit cependant être pris en compte durant l’enfance. Dans les conférences de Rudolf Steiner sur le développement humain, l’expression “de naissance” est souvent suivie par une correction comme “ou plutôt, de la conception” ou “plus précisément, à partir du moment de la conception.“
Si la première période de développement de sept ans commence à la conception, elle se termine donc environ six ans et trois mois après la naissance. Vers cette époque, l’organisation de la vie commence à se développer indépendamment de l’organisation à la fois physique et de l’environnement extérieur. Cette évolution est signalée de diverses façons. Par exemple, le changement de dents, souligné par Steiner comme un signe de cette transition, commence à environ six ans et se poursuit jusqu’à l’arrivée des molaires à la douzième année, soit au cours des sept prochaines années. Ainsi, le changement de dents doit être associé à l’ensemble de la deuxième phase de développement et non avec la conclusion de la première phase, comme cela a parfois été affirmé. D’autres changements dans le début de la deuxième phase comprennent des changements dans la forme du corps, en particulier un allongement du tronc, des changements dans la respiration et la circulation et le développement de la capacité d’initier et de soutenir une activité indépendamment d’un contexte d’imitation.
La deuxième période de développement dure elle aussi sept ans. Vers l’âge de treize ans – à savoir quatorze années après la conception -, les premiers signes de puberté apparaissent normalement, marquant le début de la prochaine phase de développement. Ces signes sont apparents de plus en plus tôt dans nos cultures modernes, surdéveloppées et orientées vers la technologie. Bien que commun, ce phénomène n’est pas normal. Nous reviendrons sur les détails de ce changement plus tard, car il est un peu plus complexe que celui qui survient chez l’enfant de six à sept ans.
Avec cette chronologie précise, nous pouvons comparer la période d’enseignement aux phases de développement. Celle-ci commence normalement lorsque l’enfant a entre six ans et demi et sept ans. Cet âge varie quelque peu d’une école à l’autre et dépend aussi du développement global de chaque enfant. En moyenne, la période d’enseignement débute donc dans l’année correspondant à la deuxième phase du développement de l’enfant. Avant cela, la plupart des enfants sont encore au jardin d’enfant.
Au début de la classe de septième année, de nombreux enfants ont déjà treize ans et ont commencé leur troisième phase de développement, le reste des enfants la débutant en cours d’année. Ainsi, la classe de septième année (en grande partie) et celle de huitième année (en totalité) doivent être considérées comme appartenant à la troisième phase de développement. Ainsi, la dernière année de jardin d’enfant et les deux dernières années de la période d’enseignement primaire chevauchent les phases précédentes et suivantes du développement.

Travailler avec des élèves dans les années de transition
Est-ce que la dernière année de jardin d’enfant et les deux dernières années de la période d’enseignement de classes primaires ont un caractère fondamentalement différent de celui des années précédentes ? Ont-ils un caractère particulier de guide pour les années qui les suivent ? Ont-ils à préparer les enfants à une nouvelle phase de développement à laquelle, en un certain sens, ils appartiennent déjà ?

En pratique, la réponse à toutes ces questions est “Oui.” Durant la dernière année de jardin d’enfant, l’enfant se réjouit et se prépare à rentrer à l’école primaire. De nouveaux projets plus difficiles doivent lui être proposés et un degré considérable d’autonomie doit être accordé à l’enfant de six ans afin de répondre à ses besoins. De nombreux enseignants de jardin d’enfant se demandent si et comment ces enfants peuvent être intégrés avec succès dans l’atmosphère “comme à la maison” appropriée pour les enfants plus jeunes, parce que les enfants plus âgés ont des besoins si différents des tout-petits.
De même, l’enfant en classe de septième et huitième année commence à se préparer à une nouvelle étape de la vie et ne vit plus dans l’ambiance de la petite enfance. L’affirmation de soi ou le retrait de la sphère sociale est habituel, et une plus grande capacité de jugement, de critique et d’antipathie devient évident. Ce sont toutes des caractéristiques de la troisième phase de la vie.
La première année de la deuxième phase de développement et les deux premières années de la phase suivante ont un caractère unique de transition. Tout en préparant la nouvelle phase de développement, ils récapitulent la ou les phases précédentes de développement. Ce phénomène nécessite quelques explications.
L’année de six à sept ans après la naissance est consacrée à l’ancrage du développement de la construction de la vie dans le corps physique. Il en résulte une réorganisation substantielle du corps physique lui-même afin qu’il puisse soutenir un développement indépendant de la construction de la vie. Ce n’est qu’après cette année récapitulative que l’organisation de la vie peut effectivement commencer à se développer de manière entièrement indépendante du corps physique. Ses forces sont alors libérés de la mémoire et de la de la pensée basée sur l’image, caractéristiques de la précédente phase de la vie.
Une situation similaire existe pour l’enfant de treize à quatorze ans. La première année de développement de l’organisation sensible – qui se produit normalement dans la classe de septième année – est consacrée à une réorganisation du corps physique afin qu’il puisse soutenir le développement de la sensibilité, de façon indépendante. Cette réorganisation se manifeste, par exemple, dans la croissance des membres, des changements dans le larynx, entraînant la modification de la voix, en particulier pour les garçons, la maturation physique de l’appareil reproducteur, des modifications substantielles dans le processus digestif, ce qui entraîne souvent un changement des habitudes alimentaires et une conscience de soi accrue en ce qui concerne le corps physique. Pour résumer, la première année de la première phase de la vie voit la plus forte croissance physique dans le système nerveux et la tête, la première année de la deuxième phase de la vie voit la plus forte croissance physique dans le tronc et des changements substantiels dans le système rythmique, et la première année de la troisième phase de la vie voit la plus forte croissance physique des membres et des changements importants dans les systèmes musculaire et digestif.

Relever le défi des dernières années du primaire
Au cours de la classe de septième année (la première année de la nouvelle phase de développement), la tâche centrale de l’enfant est d’imprégner les sphères physiques avec sa conscience. La pédagogie Waldorf considère cette période comme l’« âge de l’exploration » du monde physique. La nature physique extérieure – à travers la géographie et l’histoire – et la nature propre de l’enfant – via la santé et la nutrition – sont des thèmes importants. Ces sujets peuvent être étudiés en détail par le biais, par exemple, des travaux manuels, quand les élèves confectionnent des vêtements qui nécessitent une mesure et une connaissance précise de la forme physique. Le programme d’études en septième année intègre les forces de conscience de l’enfant dans les conditions physiques intérieures et extérieures. En particulier, des histoires d’êtres humains qui vivent en union avec les conditions physiques – de l’Esquimau à l’agriculteur alpin – sont importantes. Les conditions plus complexes du monde moderne peuvent alors être comparées à ces modes de vie historiques. En septième année, il est particulièrement important d’étendre le tout dans un contexte plus large. Ainsi, une étude des couches géologiques peuvent aborder le sujet de l’écologie, un thème important à cet égard et pour les années à venir.
Au cours de la huitième année (la deuxième année de développement de l’organisation de la sensibilité ), le sens de l’organisation de la vie de l’enfant est réorganisé pour servir de support des nouvelles forces de la conscience (la sensibilité). De nouveaux phénomènes hormonaux apparaissent, puis émergent des caractéristiques d’ordre sexuelles et de nouvelles pulsions se réveillent. Le pouls, la circulation et la respiration deviennent plus sensibles aux modifications dans la vie de l’âme ou du sentiment. Le fait de rougir, par exemple, révèle cette nouvelle sensibilité. L’enfant devient plus conscient de ces phénomènes biologiques et des rythmes de son corps. Le caractère de ce changement est tout à fait différent de la transformation physique et de l’état de conscience de l’année précédente.
L’enfant est maintenant confronté à la tâche d’imprégner par la conscience les sphères de la vie, le rythme et les forces formatrices. Le programme Waldorf prend en charge cette tâche à travers une étude des forces qui forment la terre de l’intérieur (séismes, éruptions volcaniques et mouvements des plaques tectoniques) et de l’extérieur (vent, vagues et conditions météorologiques). L’étude de l’Histoire doit être abordée par le biais d’une étude des révolutions, politiques et industrielles, mais aussi les révolutions électroniques et du domaine de l’information. Les élèves étudient les formes sociales et gouvernementales des nations présentes et passées, contrairement à leur étude de la vie économique en classe de septième année.
Un thème central pour la huitième année est l’étude de la vie en général, qui inclut l’étude du milieu géologique et la physiologie des plantes (photosynthèse, chimie organique des amidons, sucres et graisses). Les processus de transformations, tels que la fabrication du savon et le raffinage du pétrole, peuvent ensuite être examinés dans les milieux industriels. Le développement de l’être humain, y compris les sens et les organes internes, les tissus et le squelette, doivent être traités de façon dynamique, avec les biorythmes comme approche particulièrement intéressante. Les techniques rythmiques dans les arts et l’artisanat permettent à l’enfant de développer la prise de conscience de cette sphère de la vie. Ces techniques comprennent la peinture et le dessin d’ombre et de lumière, des formes de rythmes et de danses dans la musique et l’eurythmie, et l’utilisation de l’avion ou bastringue en menuiserie.
C’est seulement après ces deux années préparatoires, lorsque la conscience transforme déjà la nature du corps déjà établie (l’incarné), que les forces de la conscience sont libérées des exigences de la constitution de l’enfant. C’est seulement alors qu’il sera disponible pour la pensée abstraite, l’expression de la vie intérieure de l’âme et pour diriger sa volonté consciente, qui sera cultivée à l’école secondaire.
Serait-il positif que les classes supérieures bénéficient d’une approche plus spécialisée et détaillée des sujets que tels qu’ils sont traditionnellement enseignés par le professeur ? Je crois que oui. Il est intéressant de noter que Rudolf Steiner avait opéré, à l’origine, un remarquable aménagement pour les classes de septième et huitième année, à l’école Waldorf de Stuttgart. Deux enseignants, un spécialiste de l’histoire et de la littérature, et l’autre, un spécialiste dans les matières scientifiques, se partageaient les deux classes. Une telle approche fournit une transition entre l’enseignement en classe unique des six premières années et le fait d’avoir de nombreux enseignants spécialisés dans l’école secondaire. Idéalement, le professeur de la classe prendrait un rôle important ou, au moins, partiel dans l’approche d’une telle équipe, mais il y a clairement place, durant les années décrites, pour des enseignants spécialisés qui seraient capable de répondre aux besoins spécifiques de cette période de transition, où les forces de jugement, de critique et de l’antipathie sont déjà éveillées, mais les capacités intellectuelles ne sont pas encore entièrement disponibles.
Le problème de la façon de structurer les classes supérieures au primaire n’est pas spécifique aux écoles Waldorf. Les écoles publiques sont aussi confrontées à cette transition de l’école primaire et du secondaire. Certaines écoles comprennent l’école primaire et le collège (le modèle 8 + 4), certaines l’incluent avec l’école supérieure (le modèle 6 + 6), d’autres lui donnent une place à part (le modèle 6 +3 +3 ou 5 + 3 + 4).

De même, la question de l’âge approprié pour démarrer l’apprentissage formel reste un défi à la fois dans les écoles publiques et privées. Ces années ont un caractère transitoire qui ne se révèle pas évident à manier en terme de leur relation avec les phases de scolarité qui précèdent et suivent. Il n’est ni opportun de rester dans l’ambiance d’une phase de développement déjà conclue, ni d’entrer de plain pied dans la phase qui est encore en cours de préparation. Les professeurs Waldorf doivent commencer à reconnaître le caractère unique de ces périodes de transition, et j’espère que nous allons commencer à développer de nouvelles approches qui répondent aux besoins de développement des enfants dans ces moments-là, qui diffèrent sensiblement par rapport aux périodes précédentes et suivantes de la vie.
1 – Selon l’article de Mark Riccio, la loi locale prescrivait une école élémentaire de huit ans.

Harlan Gilbert a travaillé dans différentes universités (Yale, New Hampshire, et Reed, ainsi que le Centre de Boston Architectural) avant de recevoir un certificat du Waldorf Emerson College, en Angleterre. Quelques années en tant enseignant de classe dans les écoles Waldorf anglaises ont précédé et succédé une période de cinq ans d’étude de l’eurythmie et de travail de traducteur, guide touristique et designer architectural à Dornach, en Suisse.
Il est actuellement actif en tant que guide et conseiller pour une école de jeunes en Hongrie et en tant que chercheur indépendant et écrivain sur des thèmes anthroposophiques (ses articles peuvent être trouvés dans The Golden Blade, 1998, 2001 et 2002). L’article ci-dessus est tiré de la recherche sur le développement des enfants et le programme Waldorf, qui a donné lieu à un ouvrage en attente de publication.

Le passage des 6-7 ans… (II)

Créé par le 07 jan 2011 | Dans : Non classé, Pedagogie

http://theparentingpassageway.com/2010/04/26/readiness-for-waldorf-homeschool-first-grade/
Préparation à la classe de première année Waldorf
26 avril 2010 par Carrie

La préparation à la rentrée vous semble encore loin ? Pourtant, cette période de l’année est idéale pour commencer à y songer. Pour ceux d’entre vous qui ont un ou des enfants de 6 ans et qui envisagent d’instruire en famille selon la pédagogie Waldorf, c’est une décision importante. La norme en vigueur dans l’enseignement Waldorf, c’est que votre enfant doit avoir vécu sept Pâques avant de débuter la première année. Je recommande fortement de démarrer en première année lorsque votre enfant est au plus près de sept ans que possible, afin que votre enfant ait sept ans durant la majeure partie de la première année.

Il y a plusieurs raisons pour cela, que vous soyez d’accord ou non. L’instruction en famille est très différente de l’enseignement en école Waldorf, car il n’existe pas de groupe où les enfants plus âgés peuvent « porter » le plus jeune n’ayant que de six ans. Le second point, c’est que démarrer avec un enfant âgé de 6 ans en première année, et donc sept ans en deuxième année et huit en troisième année est que vous vous éloignez du programme Waldorf. La troisième année introduit par exemple les récits de l’Ancien Testament, parce que cela va parler à un enfant de neuf ans, mais pas avant. Les mythes nordiques de la quatrième année sont assez sombres et plus adaptés pour un enfant qui a dépassé le cap des neufs années.
Une autre raison pour commencer en première année à six ans et demi au plus tôt ou aussi près de sept ans que possible, c’est que je n’aime pas voir la fin de ce cycle « rogné ». Les sept premières années destinées à vraiment s’incarner dans le corps physique vont conduire à la réussite scolaire plus tard… Si les parents ont besoin d’aide pour avoir plus d’idées pour accompagner les enfants de six ans, je suis sûre que nous pouvons tous nous aider à ce sujet !

Voici quelques articles concernant ce sujet :
http://www.waldorflibrary.org/Journal_Articles/firstready.pdf
http://www.waldorflibrary.org/Journal_Articles/Gateways56FINALDRAFT.pdf
http://www.christopherushomeschool.org/learning-more/articles-on-aspects-of-waldorf-education/articles-by-donna-simmons/first-grade-readiness.html
http://www.christopherushomeschool.org/learning-more/articles-on-aspects-of-waldorf-education/first-grade-readiness-help-your-child-by-getting-the-timing-right.html
Il existe même un ouvrage entier sur le sujet : http://www.steinercollege.edu/store/product.php?productid=18362&cat=845&page=1

Signes habituellement utilisés pour détecter que l’enfant est éventuellement prêt pour entrer en première année

Proportions du corps et caractéristiques
Proportion du corps de 1/6
Perte de la graisse de bébé et de la « bedaine »
Etirement et croissance des jambes
La taille et le cou sont plus marqués
Les articulations sont plus visibles
Le pied n’est plus plat
Les traits du visage n’ont plus un aspect de bébé (un enfant qui n’a pas été en mesure de subir les maladies infantiles peut s’avérer entravé dans cette évolution)
Courbe en S dans la colonne vertébrale

Deuxième dentition
Habituellement, un enfant de première année doit avoir au moins une dent qui bouge. (Si les deux parents, cependant, ont été en retard dans ce domaine étant petits, ce facteur ne devrait pas être autant pris en considération pour cet enfant en particulier).

Capacités physiques
Marcher sur une courbe ou une ligne
Attraper et lancer une balle
Sauter sur chaque pied
Sauter les pieds joints
Marcher en croix (la main droite avec le pied gauche, etc.)
Monter les escaliers en alternant les pieds sur chaque marche
Faire des noeuds, des boucles, maîtriser boutons et fermetures
Utiliser les doigts avec dextérité (couture, tricot à doigt, jouer à des jeux de doigts, etc.)
Coordination yeux/mains notamment, mais cela peut ne pas être fermement établi jusqu’à l’âge de neuf ans
Ne pas être indûment agité ou léthargique
Serrer la main avec le pouce séparé des doigts plutôt toute la main

Développement social et affectif
L’enfant prêt pour l’école développe des sentiments pour les besoins des autres, certaines orientations – la conscience sociale ; faire des choses pour d’autres – la planification, en pensant à les choses qui ne sont pas encore. Il n’a pas besoin d’objets pour jouer, il peut maintenant visualiser et imaginer plutôt que de devoir nécessairement posséder des objets.
Ce qui montre la séparation du concept – le monde intérieur – à partir du précepte – le monde extérieur. Il peut créer des amitiés durables ; jouer à des jeux où l’un décide et l’autre obéit.

Autres aptitudes sociales et affectives
Capacité à participer aux activités offertes
Capacité à prendre en charge ses besoins : manger, boire, se laver et aller aux toilettes
Capacité à partager l’attention des parents ou d’un enseignant
et d’attendre son tour
Capacité de suivre des instructions et mener à bien une tâche ou une activité
Pas trop dépendant d’un élément sécurisant (sucer son pouce, avoir un doudou, etc.)
Pas régulièrement en situation d’agresseur ou de victime, mais accepté par la plupart des autres enfants.

Dessin et Peinture
But conscient lors de l’élaboration des images
Dans la peinture, devient capable d’avoir en vue un objectif, tente de faire des formes ou de créer des effets spéciaux ; les peintures deviennent plus rigides, moins belles pour un temps, mais il se soucie moins du mélange des couleurs que des formes et dessins ; des constructions symétriques peuvent apparaître.

Contenu de l’image (principalement des dessins)
Des dessins symétriques, ce qui indique que la fonction double du cerveau a vu le jour ; maisons symétriques, souvent avec un arbre ou une fleur de chaque côté ; dessins symétriques dans lequel le document est divisé en deux moitiés, les arrangements sont de couleurs symétriques…
Des dessins qui rappellent le changement de dents, contenant des répétitions horizontales telles que les oiseaux qui volent, des rangées de montagnes, etc.
Des images avec une bande de ciel et de terre, manifestant une conscience de l’enfant du dessus et en dessous, plutôt que le sentiment de la plénitude.
L’utilisation de la diagonale (liée à la perspective). Escaliers en forme de triangles, par exemple.
Forme carrée pour la base de la maison
Des fenêtres avec des croix
Cheminée avec de la fumée (naissance de l’éthérique)
Des gens et des maisons sur l’herbe au bas de la page

La vie de l’âme

Signes que l’enfant est prêt dans sa volonté
Des objectifs conscients et initiatives apparaissent dans le jeu, le dessin, les travaux manuels ; conscience de soi comme créateur dans la distinction entre l’intérieur (le désir) et l’extérieur (résultat). A « la première puberté », cela conduit à des sentiments caractéristiques de la solitude et de l’incapacité qui peuvent être exprimé ainsi : « Je m’ennuie ». C’est une étape importante, car elle conduit à la base du respect naturel qui se retrouve dans les premières années scolaires – la prise de conscience par l’enfant qu’il y a des choses qu’il ne peut pas encore faire aussi bien que l’adulte.

Utilisation des membres vigoureuse, active, l’enfant aime à déplacer des meubles lourds et des souches et utiliser tous les tissus disponibles pour jouer.

L’enfant aime faire des courses (encore une fois, cela révèle la conscience du but).

Signes que l’enfant est prêt dans la vie du sentiment
La période difficile de la première puberté est précédée par plus de calme : l’enfant gère mieux ses sentiments, les interventions d’adultes sont moins nécessaires
L’enfant enveloppe des objets tels que des cadeaux (l’enfant « s’enveloppe autour de l’objet »)
Aime l’humour, les blagues, les comptines, les jeux de mots, les mots rigolos
Peut réciter des poèmes, ou tenir plus longtemps la note à la fin de la chanson (commence à se situer dans le domaine du rythme)
Aime à chuchoter, avoir des secrets (distinction entre intérieur et extérieur)
Peut tenir à raconter ses rêves (l’âme a fait un pas vers l’intérieur), est conscient de la différence entre la vie intérieure et extérieure. (Attention qu’il ne se contente pas d’imiter mes adultes ou tout simplement de raconter une histoire, ne pas interroger les enfants sur les rêves.)

Les signes que l’enfant est prêt dans le domaine de la pensée
Développement de la pensée causale (utilisation de «si», «parce que», et «donc», par exemple). « Si je lie ces chaînes ensemble, elles atteindront l’aire de jeu. » On le voit également dans la volonté de relier les choses ensemble avec du fil (tout ce qui touche au lier ensemble montre la pensée causale)
L’utilisation correcte de la conjugaison
Aime la ruse, la planification et la tactique
Aime l’humour, se maquiller ou répéter des devinettes simples. Il est préférable que l’adulte n’introduise pas de devinettes ou énigmes à cet âge, elles sont appropriés pour les enfants plus âgés
La mémoire devient consciente, les enfants peuvent, à volonté ou sur demande, répéter avec précision des chansons et des histoires
Parle couramment et de façon claire et peut exprimer des idées aisément et de bout en bout
Peut se concentrer sur une tâche choisie pour 10 à 15 minutes
L’imagination ne dépend plus d’objets de jeu, mais l’enfant peut visualiser (par exemple, peut construire une maison et puis, au lieu de disposer le couvert, il peut tout simplement parler de ce qu’il imagine). Les conversations et discussions entre les enfants prennent une place importante.
Ils font de vraies questions, et non des questions constantes typiques des plus jeunes qui multiplient les « pourquoi » ou d’autres questions pour le fait de demander et de parler – et de se rassurer aussi (ajout de la traductrice).
                                                                                      
École Waldorf de Detroit, 1999
Ma règle personnelle est donc que l’enfant ne devrait pas débuter la première classe avant sept ans, la seconde avant huit, etc., et que l’on peut très bien commencer en janvier, c’est là l’avantage de l’instruction en famille !

http://theparentingpassageway.com/2010/11/19/preparing-for-the-sixseven-year-change-the-importance-of-boundaries/
Note : je traduis la notion d’attachement parenting par celle de maternage et d’éducation respectueuse, faute de mots…

L’un des problèmes les plus pressants pour l’enfant d’âge préscolaire (enfants de trois ans et au-delà) est d’apprendre à faire face à des limites. Je constate que beaucoup de parents maternants, en particulier les jeunes parents, sont plutôt hésitants sur l’utilisation des limites. Il semble qu’ils assimilent les limites au fait de ne pas être un bon parent respectueux des besoins de l’enfant. L’éducation respectueuse ne signifie pas laisser l’enfant faire ce qu’ils veut au détriment des besoins du reste de la famille.

Les enfants font forcément des expériences avec des limites pendant les années allant de trois à six ans et au-delà ! Un enfant de trois ans ou trois ans et demi voit propre volonté émerger et cherche à être confronté aux règles de la famille. Il est également important pour l’enfant de découvrir les règles sociales au-delà de la famille immédiate. Un petit enfant a besoin de vous pour modèle. Nous sommes certainement gentils et respectueux à la maison, mais il y a aussi certaines manières d’agir à l’extérieur de notre maison en fonction de ce que nous faisons et de l’endroit où nous sommes. Quelles sont les règles de conduite dans le parc par rapport aux règles d’être dans un lieu de culte ? Ce sont des choses dont les petits enfants font l’apprentissage.

Un sentiment de bien et le mal ne peut être particulièrement suscité avant le changement de l’année des six/sept ans, mais cela ne signifie certainement pas qu’il faut laisser les choses aller, en attendant. Vous pouvez prendre votre enfant de quatre ans par la main pour aller dire vous-même « merci » au voisin qui lui a apporté un cadeau, même si votre enfant n’ose pas le faire lui-même. Vous pouvez emmener votre enfant dans un endroit calme lorsqu’il a comportement qui dérange. Vous pouvez aider votre tout-petit de trois ans et demi ou quatre ans à faire un dessin pour le petit frère qu’il a frappé, par exemple.

Si vous pouvez commencer à mettre ces limites en place lorsque les enfants sont petits, lorsque ils auront entre sept et neuf ans, ils viendront vous voir en tant qu’autorité d’amour que vous êtes. Ils verront que ce que vous dites signifie quelque chose et votre voix sera un guide de sagesse. L’autorité d’amour du parent est souvent comme une conscience de l’enfant dans ses efforts pour développer sa propre morale et sa propre action droite.

Mais les bases pour cela débutent dans la petite enfance. Je grince des dents quand je vois des enfants de trois ans et demi, quatre, cinq voire six ans faire ce qu’ils veulent faire sans aucun égard pour les sentiments des autres parce que le parent ne le guide pas à ce sujet. Oui, les enfants ont des crises de colère, les enfants ont de la difficulté à jouer ensemble, mais c’est passager. C’est la vie avec de petits enfants ! Toutefois, il est du devoir des parents de guider l’enfant vers des frontières qui existent, qui structurent et, oui, d’une manière douce. Il n’y a pas seulement une « voix » parentale qui agit avec le petit enfant. Il a besoin de votre présence physique.

Ce que vous faites aujourd’hui avec votre petit enfant est très important pour l’avenir de votre enfant et pour l’avenir de la société.

Le passage des 6-7 ans…

Créé par le 07 jan 2011 | Dans : Non classé, Pedagogie

J’ai traduit quelques textes en anglais sur le passage, autour des 6-7 ans, de la première septaine à la seconde…
(et accessoirement, de la seconde à la troisième, autour de 13-14 ans).
J’ai trouvé cela passionnant !

Tout d’abord, un petit texte introductif transmis par Catherine :

Vers la fin des sept premières années de l’enfant, diverses modifications ont lieu. Les enseignants de la pédagogie Waldorf considèrent que le changement le plus important est alors la perte physique des dents de lait. Il est bien connu par les biologistes qu’il faut sept ans pour opérer la transformation de chaque cellule dans le corps. Maintenant, pour la première fois dans sa vie, l’enfant est tout à fait lui-même. Il est manifeste que l’enfant se développe : d’une part, une vie nouvelle et vivante de l’imagination, et d’autre part, une préparation à l’apprentissage plus formel. L’enfant exprime à la fois des expériences de vie et des sentiments précis.

Alors que l’enfant évolue au fil de ces années, la faculté de réflexion plus séquentielle et logique commence à se dévoiler. Pourtant, la manipulation soigneuse reste nécessaire, car, tandis que cette faculté doit être soutenue, la capacité d’être pleinement à l’aise dans le monde de l’imagination reste l’atout le plus vital de l’enfant.

Puis ce texte : http://www.waldorflibrary.org/Journal_Articles/RB7105.pdf

Phases et transitions dans l’éducation Steiner
Harlan Gilbert

Pour les enseignants Waldorf, les parents et les élèves, la question se pose : pourquoi une période d’enseignement s’étendant sur huit ans ? La pédagogie Waldorf est basée sur une compréhension du développement de l’enfant en phases de sept ans. L’enseignant qui prend une classe pendant huit ans reste donc avec ses élèves plus d’une phase de développement.
Lorsque la première école Waldorf fut fondée en 1919, le modèle traditionnel d’enseignement européen était alors constitué d’une école primaire de huit ans, où l’enseignant restait avec le même groupe durant les huit années. Dans quelle mesure Steiner s’est inspiré de ce modèle est une question intéressante(petit1). Pour la majorité des enfants dans ces écoles, ces huit années constituaient leur unique scolarité ; ensuite, ils faisaient un travail manuel, commercial ou travaillaient sur l’exploitation agricole familiale. En Europe et en Amérique, cette situation a radicalement changée avec l’introduction de l’enseignement général universel jusqu’à l’âge de seize ans et un taux extrêmement élevé de la scolarisation jusqu’à l’âge de dix-huit ans.

Pour des raisons pratiques, structurelles et historiques, une réévaluation de la période d’enseignement semble en retard. Les questions doivent être posées à nouveau : comment une période d’enseignement peut être, naturellement et de manière appropriée, liée au développement de l’enfant ? Comment la dernière de ces huit années peut-elle être réajustée pour assurer une transition cohérente à l’école secondaire ? Afin de répondre à ces questions, nous devons gagner en clarté en ce qui concerne la relation actuelle entre les périodes d’enseignement et les phases de développement de l’enfant.

Les étapes du développement de l’enfant

Les phases de la vie sont souvent calculées à partir du moment de la naissance, mais il s’agit d’une simplification, car le développement du corps physique commence dès la conception. Ce fait est révélé dès la période pré-natale, quand la tête a déjà atteint une partie importante de sa taille finale et les organes des sens et du système nerveux sont déjà assez matures. Si une différence de neuf mois peut ne pas apparaître particulièrement importante pour les phases ultérieures de la vie, elle doit cependant être pris en compte durant l’enfance. Dans les conférences de Rudolf Steiner sur le développement humain, l’expression « de naissance » est souvent suivie par une correction comme « ou plutôt, de la conception » ou « plus précisément, à partir du moment de la conception. »

Si la première période de développement de sept ans commence à la conception, elle se termine donc environ six ans et trois mois après la naissance. Vers cette époque, l’organisation de la vie commence à se développer indépendamment de l’organisation à la fois physique et de l’environnement extérieur. Cette évolution est signalée de diverses façons. Par exemple, le changement de dents, souligné par Steiner comme un signe de cette transition, commence à environ six ans et se poursuit jusqu’à l’arrivée des molaires à la douzième année, soit au cours des sept prochaines années. Ainsi, le changement de dents doit être associé à l’ensemble de la deuxième phase de développement et non avec la conclusion de la première phase, comme cela a parfois été affirmé. D’autres changements dans le début de la deuxième phase comprennent des changements dans la forme du corps, en particulier un allongement du tronc, des changements dans la respiration et la circulation et le développement de la capacité d’initier et de soutenir une activité indépendamment d’un contexte d’imitation.

La deuxième période de développement dure elle aussi sept ans. Vers l’âge de treize ans – à savoir quatorze années après la conception -, les premiers signes de puberté apparaissent normalement, marquant le début de la prochaine phase de développement. Ces signes sont apparents de plus en plus tôt dans nos cultures modernes, surdéveloppées et orientées vers la technologie. Bien que commun, ce phénomène n’est pas normal. Nous reviendrons sur les détails de ce changement plus tard, car il est un peu plus complexe que celui qui survient chez l’enfant de six à sept ans.

Avec cette chronologie précise, nous pouvons comparer la période d’enseignement aux phases de développement. Celle-ci commence normalement lorsque l’enfant a entre six ans et demi et sept ans. Cet âge varie quelque peu d’une école à l’autre et dépend aussi du développement global de chaque enfant. En moyenne, la période d’enseignement débute donc dans l’année correspondant à la deuxième phase du développement de l’enfant. Avant cela, la plupart des enfants sont encore au jardin d’enfant.
Au début de la classe de septième année, de nombreux enfants ont déjà treize ans et ont commencé leur troisième phase de développement, le reste des enfants la débutant en cours d’année. Ainsi, la classe de septième année (en grande partie) et celle de huitième année (en totalité) doivent être considérées comme appartenant à la troisième phase de développement. Ainsi, la dernière année de jardin d’enfant et les deux dernières années de la période d’enseignement primaire chevauchent les phases précédentes et suivantes du développement.

Travailler avec des élèves dans les années de transition

Est-ce que la dernière année de jardin d’enfant et les deux dernières années de la période d’enseignement de classes primaires ont un caractère fondamentalement différent de celui des années précédentes ? Ont-ils un caractère particulier de guide pour les années qui les suivent ? Ont-ils à préparer les enfants à une nouvelle phase de développement à laquelle, en un certain sens, ils appartiennent déjà ?
En pratique, la réponse à toutes ces questions est « Oui. » Durant la dernière année de jardin d’enfant, l’enfant se réjouit et se prépare à rentrer à l’école primaire. De nouveaux projets plus difficiles doivent lui être proposés et un degré considérable d’autonomie doit être accordé à l’enfant de six ans afin de répondre à ses besoins. De nombreux enseignants de jardin d’enfant se demandent si et comment ces enfants peuvent être intégrés avec succès dans l’atmosphère « comme à la maison » appropriée pour les enfants plus jeunes, parce que les enfants plus âgés ont des besoins si différents des tout-petits.
De même, l’enfant en classe de septième et huitième année commence à se préparer à une nouvelle étape de la vie et ne vit plus dans l’ambiance de la petite enfance. L’affirmation de soi ou le retrait de la sphère sociale est habituel, et une plus grande capacité de jugement, de critique et d’antipathie devient évident. Ce sont toutes des caractéristiques de la troisième phase de la vie.

La première année de la deuxième phase de développement et les deux premières années de la phase suivante ont un caractère unique de transition. Tout en préparant la nouvelle phase de développement, ils récapitulent la ou les phases précédentes de développement. Ce phénomène nécessite quelques explications.
L’année de six à sept ans après la naissance est consacrée à l’ancrage du développement de la construction de la vie dans le corps physique. Il en résulte une réorganisation substantielle du corps physique lui-même afin qu’il puisse soutenir un développement indépendant de la construction de la vie. Ce n’est qu’après cette année récapitulative que l’organisation de la vie peut effectivement commencer à se développer de manière entièrement indépendante du corps physique. Ses forces sont alors libérés de la mémoire et de la de la pensée basée sur l’image, caractéristiques de la précédente phase de la vie.
Une situation similaire existe pour l’enfant de treize à quatorze ans. La première année de développement de l’organisation sensible – qui se produit normalement dans la classe de septième année – est consacrée à une réorganisation du corps physique afin qu’il puisse soutenir le développement de la sensibilité, de façon indépendante. Cette réorganisation se manifeste, par exemple, dans la croissance des membres, des changements dans le larynx, entraînant la modification de la voix, en particulier pour les garçons, la maturation physique de l’appareil reproducteur, des modifications substantielles dans le processus digestif, ce qui entraîne souvent un changement des habitudes alimentaires et une conscience de soi accrue en ce qui concerne le corps physique. Pour résumer, la première année de la première phase de la vie voit la plus forte croissance physique dans le système nerveux et la tête, la première année de la deuxième phase de la vie voit la plus forte croissance physique dans le tronc et des changements substantiels dans le système rythmique, et la première année de la troisième phase de la vie voit la plus forte croissance physique des membres et des changements importants dans les systèmes musculaire et digestif.

Relever le défi des dernières années du primaire

Au cours de la classe de septième année (la première année de la nouvelle phase de développement), la tâche centrale de l’enfant est d’imprégner les sphères physiques avec sa conscience. La pédagogie Waldorf considère cette période comme l’« âge de l’exploration » du monde physique. La nature physique extérieure – à travers la géographie et l’histoire – et la nature propre de l’enfant – via la santé et la nutrition – sont des thèmes importants. Ces sujets peuvent être étudiés en détail par le biais, par exemple, des travaux manuels, quand les élèves confectionnent des vêtements qui nécessitent une mesure et une connaissance précise de la forme physique. Le programme d’études en septième année intègre les forces de conscience de l’enfant dans les conditions physiques intérieures et extérieures. En particulier, des histoires d’êtres humains qui vivent en union avec les conditions physiques – de l’Esquimau à l’agriculteur alpin – sont importantes. Les conditions plus complexes du monde moderne peuvent alors être comparées à ces modes de vie historiques. En septième année, il est particulièrement important d’étendre le tout dans un contexte plus large. Ainsi, une étude des couches géologiques peuvent aborder le sujet de l’écologie, un thème important à cet égard et pour les années à venir.
Au cours de la huitième année (la deuxième année de développement de l’organisation de la sensibilité ), le sens de l’organisation de la vie de l’enfant est réorganisé pour servir de support des nouvelles forces de la conscience (la sensibilité). De nouveaux phénomènes hormonaux apparaissent, puis émergent des caractéristiques d’ordre sexuelles et de nouvelles pulsions se réveillent. Le pouls, la circulation et la respiration deviennent plus sensibles aux modifications dans la vie de l’âme ou du sentiment. Le fait de rougir, par exemple, révèle cette nouvelle sensibilité. L’enfant devient plus conscient de ces phénomènes biologiques et des rythmes de son corps. Le caractère de ce changement est tout à fait différent de la transformation physique et de l’état de conscience de l’année précédente.
L’enfant est maintenant confronté à la tâche d’imprégner par la conscience les sphères de la vie, le rythme et les forces formatrices. Le programme Waldorf prend en charge cette tâche à travers une étude des forces qui forment la terre de l’intérieur (séismes, éruptions volcaniques et mouvements des plaques tectoniques) et de l’extérieur (vent, vagues et conditions météorologiques). L’étude de l’Histoire doit être abordée par le biais d’une étude des révolutions, politiques et industrielles, mais aussi les révolutions électroniques et du domaine de l’information. Les élèves étudient les formes sociales et gouvernementales des nations présentes et passées, contrairement à leur étude de la vie économique en classe de septième année.
Un thème central pour la huitième année est l’étude de la vie en général, qui inclut l’étude du milieu géologique et la physiologie des plantes (photosynthèse, chimie organique des amidons, sucres et graisses). Les processus de transformations, tels que la fabrication du savon et le raffinage du pétrole, peuvent ensuite être examinés dans les milieux industriels. Le développement de l’être humain, y compris les sens et les organes internes, les tissus et le squelette, doivent être traités de façon dynamique, avec les biorythmes comme approche particulièrement intéressante. Les techniques rythmiques dans les arts et l’artisanat permettent à l’enfant de développer la prise de conscience de cette sphère de la vie. Ces techniques comprennent la peinture et le dessin d’ombre et de lumière, des formes de rythmes et de danses dans la musique et l’eurythmie, et l’utilisation de l’avion ou bastringue en menuiserie.
C’est seulement après ces deux années préparatoires, lorsque la conscience transforme déjà la nature du corps déjà établie (l’incarné), que les forces de la conscience sont libérées des exigences de la constitution de l’enfant. C’est seulement alors qu’il sera disponible pour la pensée abstraite, l’expression de la vie intérieure de l’âme et pour diriger sa volonté consciente, qui sera cultivée à l’école secondaire.

Serait-il positif que les classes supérieures bénéficient d’une approche plus spécialisée et détaillée des sujets que tels qu’ils sont traditionnellement enseignés par le professeur ? Je crois que oui. Il est intéressant de noter que Rudolf Steiner avait opéré, à l’origine, un remarquable aménagement pour les classes de septième et huitième année, à l’école Waldorf de Stuttgart. Deux enseignants, un spécialiste de l’histoire et de la littérature, et l’autre, un spécialiste dans les matières scientifiques, se partageaient les deux classes. Une telle approche fournit une transition entre l’enseignement en classe unique des six premières années et le fait d’avoir de nombreux enseignants spécialisés dans l’école secondaire. Idéalement, le professeur de la classe prendrait un rôle important ou, au moins, partiel dans l’approche d’une telle équipe, mais il y a clairement place, durant les années décrites, pour des enseignants spécialisés qui seraient capable de répondre aux besoins spécifiques de cette période de transition, où les forces de jugement, de critique et de l’antipathie sont déjà éveillées, mais les capacités intellectuelles ne sont pas encore entièrement disponibles.

Le problème de la façon de structurer les classes supérieures au primaire n’est pas spécifique aux écoles Waldorf. Les écoles publiques sont aussi confrontées à cette transition de l’école primaire et du secondaire. Certaines écoles comprennent l’école primaire et le collège (le modèle 8 + 4), certaines l’incluent avec l’école supérieure (le modèle 6 + 6), d’autres lui donnent une place à part (le modèle 6 +3 +3 ou 5 + 3 + 4).

De même, la question de l’âge approprié pour démarrer l’apprentissage formel reste un défi à la fois dans les écoles publiques et privées. Ces années ont un caractère transitoire qui ne se révèle pas évident à manier en terme de leur relation avec les phases de scolarité qui précèdent et suivent. Il n’est ni opportun de rester dans l’ambiance d’une phase de développement déjà conclue, ni d’entrer de plain pied dans la phase qui est encore en cours de préparation. Les professeurs Waldorf doivent commencer à reconnaître le caractère unique de ces périodes de transition, et j’espère que nous allons commencer à développer de nouvelles approches qui répondent aux besoins de développement des enfants dans ces moments-là, qui diffèrent sensiblement par rapport aux périodes précédentes et suivantes de la vie.

1 – Selon l’article de Mark Riccio, la loi locale prescrivait une école élémentaire de huit ans.

Harlan Gilbert a travaillé dans différentes universités (Yale, New Hampshire, et Reed, ainsi que le Centre de Boston Architectural) avant de recevoir un certificat du Waldorf Emerson College, en Angleterre. Quelques années en tant enseignant de classe dans les écoles Waldorf anglaises ont précédé et succédé une période de cinq ans d’étude de l’eurythmie et de travail de traducteur, guide touristique et designer architectural à Dornach, en Suisse.
Il est actuellement actif en tant que guide et conseiller pour une école de jeunes en Hongrie et en tant que chercheur indépendant et écrivain sur des thèmes anthroposophiques (ses articles peuvent être trouvés dans The Golden Blade, 1998, 2001 et 2002). L’article ci-dessus est tiré de la recherche sur le développement des enfants et le programme Waldorf, qui a donné lieu à un ouvrage en attente de publication.

Le reste suivra, je pense que tout ne peut pas rentrer dans un seul post…

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