Il y a quelques années, j’avais découvert la pédagogie Montessori. Je m’étais intéressée à Steiner, mais n’avais pas réellement trouvé d’informations pratiques, je savais donc juste ce qu’était la pédagogie Steiner dans les très grandes lignes.
Montessori nous a apporté l’idée d’ordre et d’harmonie, de respect des périodes sensibles, des idées d’activités pratiques (participer à la vraie vie, imiter…) et d’activités sensorielles. La conception des « dessins » de couleurs m’avait également plu, dans le sens où on laisse l’enfant expérimenter librement les couleurs. J’ai aussi aimé le grand respect accordé à l’enfant et l’impression de zen qui se dégageait des éducatrices Montessori rencontrées.
Donc tout cela nous a apporté beaucoup et j’ai gardé certaines choses présentes dans notre quotidien, comme le fait d’avoir des plateaux pour mettre ses activités, par exemple.
Mais il y a certaines choses qui me convenaient moins, comme l’impression d’une course à l’autonomie ; le fait que dans les classes Montessori, l’enfant fait ses activités seuls ; le peu de place accordé au jeu et à l’imaginaire ; et, enfin, l’apprentissage précoce de la lecture/écriture.
Bien sûr, on n’est pas obligé d’adhérer en tout dans une pédagogie !
Néanmoins, au-delà des activités sensorielles, Walid a assez vite délaissé les activités Montessori présentes à la maison. Il est vrai que je ne suis pas formée et ne lui présentait pas les activités aussi joliment que des éducatrices peuvent le faire ! Néanmoins, je pense que c’était aussi le fait que les activités en question avaient pour fin un certain apprentissage (les nombres, par exemple). Car, comme je l’ai déjà dit, il fréquente un atelier Montessori le mercredi, qui propose des activités créatives aussi, et les activités qui l’intéresse là-bas, ce sont les perles, moudre du café, râper du fromage, etc. Ainsi que les activités créatives.

Bref, le temps passant, j’ai vu que Walid préférait jouer dehors, faire du vélo, se dépenser… Puis il a commencé à s’ouvrir à l’imaginaire (à partir de 4 ans), à aimer écouter des histoires (ce qui n’était pas du tout le cas avant) et à peindre et faire des activités manuelles (ce qui est assez récent).
C’est justement à partir de ses 4 ans que j’ai fait davantage connaissance avec la pédagogie Steiner. Le fait de ne pas chercher à développer l’intellect trop tôt (notamment avant de développer la vie des sentiments) m’a beaucoup parlé. La place du jeu libre et de l’imaginaire également. L’importance accordée aux rythmes. La vision du monde et notamment de l’enfant… J’ai ainsi enchaîné plusieurs lectures sur le sujet, qui m’ont beaucoup enrichi.
De plus, pendant ma troisième grossesse, je m’étais intéressée à la question de l’ancrage au monde. Ayant élevé mon troisième enfant sans couches, le sujet est devenu encore plus présent dans mon esprit.

Ensuite, j’ai commencé à créer des activités Steiner pour moi-même, notamment au travers de la laine cardée. Moi qui me considérais peu habile des mes doigts (à part pour tricoter), j’ai eu l’impression de libérer ma créativité. Je crois que c’est finalement ça qui m’a donné le déclic de mettre en place, le plus possible, la pédagogie Steiner à la maison. De plus, j’ai aussi visité une école, rencontré des éducateurs… Je crois que, quelque part, cette conception de la vie et de l’homme m’a permis de me trouver et, de ce fait, j’ai eu envie de le partager avec mes enfants.
Ainsi, il est vrai, comme je l’ai lu, que « le plus beau cadeau qu’on puisse faire à un enfant, c’est de trouver notre passion d’adulte. » (http://laroseliere.csp.qc.ca/corporation/pedagogie/conference-jeu-et-jouets-sylvie-hetu.htm)

Depuis, je trouve que les enfants sont plus sereins, plus confiants et plus « nourris ».
Même Olivier, mon aîné, si peu attiré par les activités manuelles depuis tout petit, qui a eu des difficultés graphiques jusqu’il y a un an et demi (alors que justement, il s’est mis à écrire très tôt…), est en demande, ce que je n’aurais jamais espéré !